Un impôt local, décidé par la commune
La taxe de séjour n’existe que si la commune, ou l’intercommunalité (EPCI), l’a instituée par délibération. Cette délibération doit être prise avant le 1er juillet pour s’appliquer à compter du 1er janvier suivant. Elle fixe la période de perception, les tarifs et le mode de collecte. Sources : service-public.gouv.fr, taxe de séjour sur les hébergements touristiques et collectivites-locales.gouv.fr.
Au réel ou au forfait
La collectivité choisit entre deux régimes :
- La taxe au réel : elle est due par le voyageur, pour chaque nuit et chaque personne assujettie. L’hébergeur la perçoit avant le départ, la fait figurer à part sur la facture et la reverse à la collectivité.
- La taxe au forfait : elle est due par l’hébergeur et calculée sur la capacité d’accueil du logement, quel que soit le nombre de personnes réellement accueillies.
À Paris comme à Deauville, c’est la taxe au réel qui s’applique.
Qui paie, et qui est exonéré
Au réel, la taxe est due par les personnes qui séjournent dans la commune sans y être domiciliées. Quatre cas d’exonération sont prévus : les mineurs, les titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune, les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence ou d’un relogement temporaire, et les occupants de locaux dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la commune.
La location de moyenne durée change aussi la donne : comme le rappelle la plateforme de la taxe de séjour de Deauville, un logement occupé dans le cadre d’un bail mobilité n’est pas soumis à la taxe de séjour, contrairement à une location saisonnière.
Combien : logement classé ou non classé
Pour un meublé de tourisme classé en étoiles, la taxe est un tarif fixe par personne et par nuit, voté par la commune dans une fourchette nationale. En 2026, le tarif maximal est de 0,80 € pour une étoile, 1,00 € pour deux étoiles, 1,70 € pour trois étoiles, 2,60 € pour quatre étoiles et 3,60 € pour cinq étoiles. Source : service-public.gouv.fr, barème de la taxe de séjour 2026.
Pour un meublé non classé ou en attente de classement, la taxe est proportionnelle : la commune vote un taux compris entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée par personne, hors taxes, dans la limite du tarif le plus élevé qu’elle a adopté. Le coût par personne s’obtient en divisant le prix de la nuitée par le nombre d’occupants.
À ces montants s’ajoutent d’éventuelles taxes additionnelles : 10 % au profit du département lorsqu’il l’a instituée, et en Île-de-France 15 % au profit de la Société des grands projets et 200 % au profit d’Île-de-France Mobilités. Le moteur de recherche officiel taxesejour.impots.gouv.fr donne les tarifs de chaque commune.
À Paris : 5 %, et des taxes additionnelles élevées
À Paris, un meublé non classé est taxé à 5 % du coût par personne et par nuitée hors taxes, auquel s’ajoutent les parts additionnelles (10 %, 15 % et 200 %), dans la limite de 15,93 € par personne et par nuit. Pour un meublé classé, le total toutes parts comprises est par exemple de 5,53 € en trois étoiles et de 8,45 € en quatre étoiles, par personne majeure et par nuit. Source : service-public.gouv.fr, taxe de séjour à Paris en 2026.
Exemple, à titre d’illustration : une nuit facturée 200 € hors taxes pour quatre voyageurs, dont deux enfants. Le coût par personne est de 50 € (les mineurs comptent dans la division, selon les règles de la Ville de Paris). 5 % de 50 € font 2,50 €, soit environ 8,13 € avec les parts additionnelles, à payer pour chacun des deux adultes. Les enfants sont exonérés. Sur une nuit chère, le classement peut donc réduire la taxe payée par vos voyageurs.
Depuis le 1er avril 2025, la déclaration se fait chaque mois et le paiement chaque trimestre, en ligne sur taxedesejour.paris.fr. Ailleurs en Île-de-France, à Boulogne-Billancourt, Versailles ou Vincennes, chaque commune fixe son taux : vérifiez-le avant la première réservation.
À Deauville et sur la Côte Fleurie
À Deauville, la taxe est perçue au réel, toute l’année, du 1er janvier au 31 décembre. Pour un meublé non classé, elle est de 5 % du coût hors taxes de la nuitée par personne, plafonnée à 4,90 €, majorée de 10 % depuis l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2026, de la taxe additionnelle départementale du Calvados. Les nuitées se déclarent chaque mois, avant le 15, sur la plateforme de la commune.
Chaque commune de la Côte Fleurie fixe ses règles : à Trouville-sur-Mer, Honfleur, Cabourg, Houlgate ou Villers-sur-Mer, consultez le tarif de la commune avant de louer.
Plateformes et réservations directes : qui collecte ?
La loi oblige les plateformes en ligne qui sont intermédiaires de paiement pour le compte de loueurs non professionnels à collecter la taxe de séjour et à la reverser elles-mêmes à la commune (article L2333-34 du code général des collectivités territoriales). Pour ces réservations, le propriétaire n’a en principe rien à reverser.
En revanche, la collecte reste à votre charge dans les autres cas : réservation en direct, plateforme qui n’encaisse pas le paiement, ou loueur professionnel. Avec plusieurs canaux, vous collectez, déclarez et reversez la taxe pour les nuitées qui ne passent pas par une telle plateforme.
Les plateformes appliquent le tarif à partir des informations que vous leur donnez (commune, classement, statut de loueur) : une erreur de votre part peut engager votre responsabilité.
En cas d’oubli
En l’absence de déclaration ou en cas de retard de paiement, le maire ou le président de l’intercommunalité peut engager une taxation d’office, après mise en demeure. Tout retard de versement entraîne un intérêt de 0,20 % par mois (service-public.gouv.fr). Des amendes sont aussi prévues : la commune de Deauville indique jusqu’à 2 500 € en cas de non-paiement.
La check-list du propriétaire
- Vérifier le régime et le tarif de votre commune sur taxesejour.impots.gouv.fr.
- Renseigner correctement le classement et la commune sur chaque plateforme.
- Collecter la taxe pour les réservations directes, avant le départ du voyageur, et la faire figurer à part sur la facture.
- Déclarer et reverser aux dates fixées par la commune.
- Afficher les tarifs de la taxe dans le logement, comme le prévoit la loi.
- Étudier le classement, qui joue à la fois sur la taxe de séjour et sur la fiscalité (voir notre article LMNP).
Notre accompagnement
La taxe de séjour s’ajoute aux autres démarches, comme la déclaration du meublé. Lors de l’estimation, nous faisons le point avec vous sur les règles de votre commune, à Paris comme sur la Côte Fleurie, et sur la formule adaptée : courte durée ou moyenne durée.
Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les tarifs cités sont ceux de 2026 et évoluent chaque année : vérifiez-les sur les sites officiels cités.
Autres articles : LMNP : la fiscalité de la location meublée en 2026 · Loi Le Meur : ce qui change pour les propriétaires de meublés de tourisme · Courte ou moyenne durée : quelle location choisir pour votre appartement ? · Bail mobilité : règles, durée et locataires concernés · Enregistrer un meublé de tourisme : démarches et obligations · Rentabilité d’une location saisonnière à Deauville : les facteurs qui comptent